Vincent Dubois SAGE (UMR 7363)
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    Contrôler les assistés / Controlling the entitled

    Parmi de très nombreux changements, la réforme de l’Etat social dans les pays occidentaux a récemment conduit au renforcement du contrôle des assistés sociaux, défini comme l’ensemble des dispositifs et pratiques institutionnelles destinées à vérifier que les bénéficiaires respectent les règles d’octroi des prestations. Pourquoi ce renouveau du contrôle est-il intervenu ? Comment la fraude sociale a-t-elle été construite et promue comme un problème public ? Comment ce qui était une simple routine bureaucratique a-t-elle été élevée au rang d’enjeu du débat politique et de l’action publique ? Comment le contrôle est-il organisé et mis en pratique ? Quels sont ses effets sur la vie des allocataires ? En abordant ces questions, cette recherche analyse le nouvel équilibre entre politique, économie et morale qui définit l’Etat social contemporain. Elle montre comment la régulation juridique, les contraintes financières, les technologies de surveillance et les interactions directes entre agents et bénéficiaires se combinent dans le nouveau gouvernement des pauvres. La recherche empirique porte sur le cas français, replacé dans une perspective internationale, des années 1990 à nos jours. Elle traite plus précisément du contrôle des bénéficiaires de minimas sociaux et des chômeurs.

    Among numerous innovations and changes, welfare reform in western countries has recently revitalized welfare control, defined as the institutional arrangements and practices aimed at checking that recipients comply with the rules of welfare benefits. Why did this revival of control occur ? How has welfare fraud been constructed and promoted as a public problem ? How has a bureaucratic routine been raised to the status of a political and policy issue ? How is control organized and implemented ? What are its impacts on the lives of the recipients ? By addressing these questions, this research provides an original contribution to the analysis of the new balance between politics, economics and morals that define the contemporary social state. It shows how legal regulation, financial constraints, surveillance technologies and direct interactions between bureaucrats and clients intertwine in the new government of the underprivileged. This project is based on empirical research on the French case, set in an international perspective, from the 1990s to the present. It focuses on the control of minimum benefits recipients and on the control of the unemployed.

    Classes populaires et institutions / Lower classes and institutions

    Les sociétés européennes sont confrontées à des défis socio-économiques majeurs depuis quatre décennies. L’augmentation des taux de chômage et de pauvreté a renforcé les besoins et les problèmes sociaux et en a défini de nouveaux dans de nombreux domaines, de l’éducation au logement et de la santé à la criminalité. Dans l’intervalle, les services publics et les politiques traitant de ces questions ont été largement réformés et parfois soumis à des réductions, ce qui a eu un impact sur leurs réponses à une demande sociale toujours croissante et diversifiée.

    Cette recherche s’interroge sur le croisement de ces deux tendances et sur ses effets sociaux en examinant les interactions concrètes entre les individus et les institutions. Elle se concentre sur le rapport aux institutions publiques des classes populaires, la catégorie la plus touchée par ces changements. Comment les difficultés socio-économiques qu’ils rencontrent, leurs expériences antérieures et leurs caractéristiques sociales affectent-elles la façon dont les membres de ces classes traitent avec les institutions ? Quels sont, en retour, les effets des nouvelles formes de traitement institutionnel sur leurs conditions de vie, leurs trajectoires sociales et leurs attitudes ?

    La recherche est basés sur des entretiens avec des habitants de quartiers défavorisés de l’agglomération strasbourgeoise (n=200). Son principal objectif est d’analyser les rôles divers et changeants que jouent les institutions publiques dans la restructuration des classes populaires en tant que groupe social. Il est innovant à deux égards. Tout d’abord, il propose une approche " centrée sur les personnes " qui tient compte des expériences et des points de vue des citoyens, quand la plupart des travaux portent sur les organisations et leurs agents. Deuxièmement, elle offre une vision globale des expériences individuelles, au-delà des frontières institutionnelles, alors qu’habituellement, lorsque la recherche est menée du côté des clients, elle se concentre sur une catégorie définie après un secteur de politique (p. ex., les assistés sociaux).

    European societies have been experiencing major socio-economic challenges for the last four decades. Rises in unemployment and poverty rates have reinforced social needs and problems and defined new ones in many areas, from education to housing and from health to crime. In the meantime, public services and policies addressing these issues have been extensively reformed and sometimes subjected to cuts, impacting their responses to an ever-increasing and diversifying social demand.

    This research questions the intersection of these two trends and its social effects by examining the concrete interactions between individuals and institutions. It focuses on the relationship to public institutions in the lower classes, the category most affected by these changes. How do the socioeconomic difficulties they face, their previous experiences and their social features affect the way members of these classes deal with institutions ? In turn, what are the effects of renewed forms of institutional processing on their living conditions, social trajectories and attitudes ?

    It is based on interviews with inhabitants of deprived neighbourhoods in the Strasbourg conurbation (n=200). Its main objective is to analyze the diverse and changing roles public institutions play in restructuring the lower classes as a social group. It is innovative in two regards. First, it proposes a “people-centered” approach accounting for the citizens’ experiences and points of view, where most literature focuses on organizations and their agents. Second, it provides a comprehensive view of individual experiences, beyond institutional boundaries, whereas usually, when research is conducted on the clients’ side, it generally focuses on a category defined after a policy sector (e.g. welfare recipients).

    Voir en ligne : Working paper

    titre documents joints

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